Annonces

Les rebelles opposaient, dimanche 12 août, une résistance farouche aux troupes du régime à Alep, bombardée sans relâche par air et terre, de même que dans d’autres villes de Syrie ensanglantées par les violences. Ce conflit dévastateur, qui dure depuis près de 17 mois, sera au menu d’une « réunion d’urgence » des ministres arabes à Jeddah en Arabie saoudite, à 48 heures d’un sommet extraordinaire islamique à l’initiative du royaume, qui cherche à mobiliser le monde musulman en faveur du soulèvement en Syrie.

A Alep

Quatre jours après avoir lancé son offensive terrestre pour déloger les rebelles d’Alep, les chars et les avions de combat du régime de Bachar Al-Assad continuent de pilonner plusieurs quartiers de cette métropole du Nord, dont le contrôle est un enjeu crucial de la guerre. Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), Salaheddine, secteur emblématique des insurgés, est notamment la cible de violents tirs d’artillerie par l’armée. Les rebelles de l’Armée syrienne libre (ASL, formée de déserteurs et de civils ayant pris les armes) ont affirmé avoir repris à l’armée des positions « stratégiques » dans ce quartier.

A Damas

Des tirs ont été en outre entendus à Damas, en proie la veille à des combats, alors que plusieurs localités proches de la capitale étaient bombardées, d’après l’OSDH une ONG basée en Grande-Bretagne et qui tire ses informations sur place d’un réseau de militants et de témoins.

A Homs

Selon le Conseil national syrien, principale coalition de l’opposition, les soldats aidés de miliciens ont « exécuté » dix jeunes dans le quartier Chamas à Homs, dans le centre du pays, où ils sont entrés après plusieurs heures de pilonnage. Les victimes ont été choisies parmi une foule de 350 personnes rassemblées sur une place, affirme le CNS qui dit craindre un « terrible massacre ». Cette information ne pouvait être confirmée de source indépendante.

Réunion des ministres arabes
Dans une nouvelle tentative de trouver une issue, les ministres arabes des affaires étrangères se réunissent à Jeddah, en Arabie-Saoudite, « pour étudier l’action politique » à entreprendre après la démission de l’émissaire international Kofi Annan, a annoncé un responsable à la Ligue arabe.

M. Annan a démissionné au début du mois après l’échec de ses efforts de paix, dû en partie selon lui aux divergences persistantes entre les camps occidental et russe. Selon des diplomates à l’ONU, l’ancien ministre algérien des affaires étrangères Lakhdar Brahimi, 78 ans, est pressenti pour lui succéder.

Samedi

Cette réunion survient au lendemain des déclarations en Turquie de la secrétaire d’Etat Hillary Clinton, qui s’est engagée à « accélérer » la fin du pouvoir syrien en soulignant que son pays tentait de « casser les liens entre l’Iran, le (mouvement libanais) Hezbollah et la Syrie, qui prolongent la vie du régime Assad ».

Alors que le flux de réfugiés croît chaque jour davantage, 80 tonnes d’aide envoyées par la France doivent être distribuées aux dizaines de milliers de Syriens installés dans un camp à la frontière jordano-syrienne.

Samedi, près de 150 personnes, en majorité des civils, ont péri, selon l’OSDH. Dans cette crise qui a fait 21 000 morts depuis 17 mois selon l’OSDH, l’escalade de la violence est alimentée par l’impuissance de la communauté internationale à s’accorder sur les moyens de régler le conflit, les Occidentaux et certains pays arabes appuyant la rébellion et réclamant un départ de M. Assad, les Russes et les Iraniens refusant tout changement de régime par la force.

20120812-120659.jpg

Annonces