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Rideau sur Londres. Deux semaines marquées, avant tout, par des champions et des championnes qui ont, plus que d’autres, laissé une empreinte indélébile sur ces Jeux de la XXXe Olympiade. Nous en avons choisi trente. Il en manque, forcément. Et notre classement est évidemment subjectif.

Difficile de comparer des athlètes en lice pour un seul titre et d’autres dans de multiples épreuves, comme en natation, athlétisme ou gymnastique, et des personnalités issues de sports collectifs ou individuels. Mais nous n’avons pas pu résister à ce petit jeu. Seul critère objectif, il n’y a là que des champions olympiques.

Pour nous, voici donc les trente figures les plus marquantes des J.O. de Londres. Donnez-nous votre propre classement. A vous de jouer.

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Bolt ou Phelps? Phelps ou Bolt? D’un côté, le plus grand sprinter de l’histoire. De l’autre, le plus fabuleux nageur de tous les temps. Fait unique dans l’histoire des Jeux Olympiques, les deux plus grandes stars de ces J.O. sont les mêmes que quatre ans plus tôt. La persistance de ces deux champions hors normes au sommet d’une Olympiade à l’autre renforce leur aspect exceptionnel. Alors, nous avons eu beau retourner le problème dans tous les sens, impossible pour nous de les distinguer, de les séparer. Ce n’est pas un non-choix. Au contraire. Mais aucun de ces deux-là ne peut se contenter d’une deuxième place à l’issue de ces Jeux. Ils sont uniques… tous les deux.

1. MICHAEL PHELPS (Natation – Etats-Unis – 6 médailles dont 4 d’or)

Autant le dire tout de suite, Michael Phelps a connu à Londres un indéniable déclin. Après les huit médailles (dont six titres) d’Athènes et les huit titres de Pékin, le nageur de Baltimore a dû se contenter de six petites médailles à Londres, dont quatre malheureux titres. Voilà pour l’ironie. Pour le reste, Phelps a une fois de plus montré à quel point il était unique. Comme toujours, c’est lorsqu’il ne sera plus là que, peut-être, nous commencerons à mesurer réellement à quel point ce que ce bonhomme a accompli est exceptionnel. A force de banaliser l’extraordinaire, l’Américain nous a presque blasés. Nous avons tort. Bien sûr, il a fait « moins bien » qu’à Pékin. Mais il a encore fait mieux que tout le monde. Fait unique dans l’histoire des Jeux, il a été le plus gros récolteur de médailles dans trois éditions consécutives !

La liste de ses faits d’armes historiques serait trop longue. Notons quand même qu’il est également devenu le premier nageur (seules Fraser et Egerszegi chez les filles avaient accompli cet exploit) à remporter trois fois de suite une même épreuve individuelle. Il l’a même fait… deux fois, sur 100m papillon et sur 200m 4 nages. A ses deux couronnes individuelles, Phelps a ajouté deux titres supplémentaires en relais (4×200 et 4×100 4 nages), sans oublier, pour le plaisir, deux petites médailles d’argent sur 200m papillon et 4x100m nage libre. Son seul « échec » restera le 400m 4 nages, sa première course, où il a fini à la 4e place. Phelps a tout simplement réussi des Jeux fantastiques. Peut-être pas à l’échelle de Phelps (qui ne concerne que lui) mais selon l’échelle du commun des grands champions. Outre sa remarquable cuvée 2012 en elle-même, ses exploits cumulés Olympiade après Olympiade lui ont permis de s’approprier le record absolu du nombre de médailles. Arrivé en Grande-Bretagne avec 16 médailles autour du cou, il a dépassé les 18 podiums de la gymnaste soviétique Larissa Latynina pour porter ce record à 22 médailles, dont 18 en or. Et plus beau dans tout ça? C’est que Michael Phelps a semblé s’amuser à Londres. Son plaisir, visible, n’a fait que décupler le notre de profiter une dernière fois de ce phénomène.

1. USAIN BOLT (Athlétisme – Jamaïque – 3 médailles d’or)

C’est une légende. C’est lui qui le dit. Usain Bolt était entré dans l’histoire de l’athlétisme ces dernières années mais il n’est pas interdit de penser qu’à Londres, il a écrit la plus belle page de sa carrière. Parce que beaucoup attendaient de le voir trébucher. Parce qu’il n’avait pas été impérial ces derniers mois. Mais le Jamaïcain a répondu de la plus belle des manières en signant un nouveau triplé historique. Comme à Pékin, il a remporté le 100m, le 200m et le relais 4x100m. Et si, cette fois, il n’a pas accompagné ses deux sacres individuels de records du monde (au contraire du 4×100), il a encore claqué des temps impressionnants: 9″63 sur 100m (deuxième performance de l’histoire) et 19″32 sur le 200 (quatrième meilleur chrono de tous les temps sur le demi-tour de piste). Bolt l’a confirmé, il y a bien lui et les autres en matière de sprint.

Avec ce deuxième triplé consécutif, Bolt a repoussé quelques barrières. Personne, depuis 1896, n’avait réussi à signer deux doublés 100-200. Même Carl Lewis avait échoué dans cette quête à Séoul, se contentant de l’argent sur 200. Il devient le sprinter le plus titré de l’histoire des Jeux Olympiques. Avec six médailles d’or, il pointe désormais au quatrième rang des athlètes les plus couronnés aux J.O., le record étant toujours co-détenu par Paavo Nurmi et Carl Lewis. Bolt les rejoindra-t-il? A Rio, il aura 30 ans. C’est encore jeune. Mais jamais un sprinter n’a réussi à dominer pendant huit ans. Devenir triple champion olympique du 100m renforcerait sa place dans le gotha athlétique et olympique. C’est un défi à sa mesure. Une chose est sûre, Bolt est unique.

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3. MISSY FRANKLIN (Natation – Etats-Unis – 5 médailles dont 4 d’or)

On la présente comme une Michael Phelps au féminin. On verra où en sera Melissa Franklin en 2020, mais la comparaison n’est pas forcément absurde. En tout cas, la jeune Américaine a effectué à Londres une razzia à peu près identique à celle de son illustre compatriote en maillot de bain. Missy a décroché cinq médailles (seul Phelps a fait mieux avec six) dont quatre en or (seule Phelps a fait… aussi bien). La meilleure dossiste de la planète a réussi le doublé sur 100m et 200 dans cette spécialité. La superpuissance collective américaine, via les trois relais, lui ont permis de compléter sa collection avec deux titres et une médaille de bronze supplémentaires. Un bilan exceptionnel pour Franklin, surtout pour une jeune femme de 17 ans. On l’attendait au tournant pour voir comment elle négocierait ses premiers Jeux, ce qui n’est jamais simple, qu’elle abordait avec un statut de vedette, ce qui est encore plus compliqué.

Dire que « Missy the Missile » a répondu présent reste très en deçà de la réalité. Car à la pression inhérente à une telle compétition, Franklin a dû gérer un drame d’une ampleur aussi terrifiante qu’inattendue. Si elle est née en Californie, Melissa a grandi dans le Colorado. Elle suit des cours dans un lycée d’Aurora, la ville où une tuerie sanglante dans un cinéma a provoqué la mort de douze personnes une semaine avant le début des Jeux. Ebranlée par ce drame (d’autant qu’elle a mis plusieurs heures à savoir si des membres de sa famille ou des amis comptaient parmi les victimes, ce qui n’était finalement pas le cas), Franklin a trouvé la force de transformer ce drame en source de motivation. « J’ai nagé pour eux, je pensais aux gens d’Aurora à chaque course », a-t-elle expliqué. Là-bas, au Colorado, ses victoires mais plus encore son attitude ont été vécues comme une fierté. A Londres, Missy Franklin a donc démontré qu’elle possédait, outre son talent phénoménal, un caractère hors normes. On n’en doutait pas, mais vu les circonstances, elle est plus incroyable encore qu’on ne pouvait l’imaginer.

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4. JASON KENNY (Cyclisme sur piste – Grande-Bretagne – 2 médailles d’or)

4. CHRIS HOY (Cyclisme sur piste – Grande-Bretagne – 2 médailles d’or)

Comment séparer ces deux là? Ils symbolisent cette triomphale armada britannique qui n’a laissé que des poussières de gloire au reste du monde sur le vélodrome londonien. Unis dans la victoire lors de la vitesse par équipes où, associés à Hindes en starter, ils ont surclassé la France en finale, Jason Kenny et Chris Hoy ont ensuite chacun volé vers leur moment de gloire personnelle. Et là, quand il y en a pour deux, il y en a pour eux. Kenny, d’abord. Il a commencé par claquer le record olympique lors des qualifications sur 200m. Ensuite, il a dominé tous ses adversaires un à un, en deux manches, y compris Grégory Baugé en finale. Ce même Baugé qu’il n’avait pourtant encore jamais battu et face auquel, quatre mois plus tôt, il était apparu totalement impuissant en finale des Championnats du monde. Mais le Kenny de Londres était un tout autre Kenny. Beaucoup plus confiant, beaucoup plus rapide aussi. Son sacre dans l’épreuve reine en a fait un des héros des Jeux outre-Manche.

A côté, Chris Hoy, pardon, Sir Chris Hoy, n’a gagné « que » le keirin, moins prestigieux que la vitesse individuelle. Mais avec cette victoire et cette deuxième médaille d’or à Londres, il a doublement écrit sa légende: celle de son sport, en devenant le pistard le plus titré de l’histoire des Jeux. Celle de son pays ensuite puisque, avec six couronnes olympiques, Hoy est désormais le Britannique le plus titré des J.O.. Il a dépassé un autre mythe, le rameur Steven Redgrave. L’extraordinaire domination britannique a suscité pas mal de question, surtout par son ampleur et, d’une certaine manière, sa soudaineté, car les Britanniques étaient restés un peu en retrait depuis Pékin (de façon toute relative, cependant). Mais les faits sont là. Kenny et Hoy, d’abord ensemble, puis chacun de leur côté, ont fait de ces Jeux leurs Jeux. L’ambiance indescriptible du vélodrome, qu’ils ont créée autant qu’elle les a portés, ils ne sont pas près de l’oublier.

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6. DAVID RUDISHA (Athlétisme – Kenya – 1 médaille d’or)

Jeudi dernier au Stade Olympique, David Rudisha a fait un peu plus que devenir champion olympique du 800 mètres. Le Kényan a tout simplement bouleversé les certitudes que l’on avait sur l’épreuve. Que l’homme soit capable de passer sous la barre des 1’41 » ne faisait guère de doute. Cela devait bien arriver à un moment ou un autre. Quand on est capable d’effacer Wilson Kipketer des tablettes à 21 ans et que l’on bat à nouveau son propre record du monde une semaine plus tard, on peut tout faire, ou pas loin. Mais que David Rudisha abaisse la référence à 1’40″91 un soir de finale olympique… Le plus fort dans tout ça, c’est que le demi-fondeur avait prévenu tout le monde. Avec sa foulée interminable (2,7m), il arrivait à Londres sans pression et avec le doublé en tête : médaille d’or et record. Comme Alberto Juantorena l’avait fait en 1976 du côté de Montréal.

« Je savais que les gens étaient venus voir Bolt. C’était un honneur de courir le même soir que lui. Je pensais que je si pouvais faire quelque chose de bien, ce serait génial. » David Rudisha l’a fait. Tout seul, comme un grand. Cette finale olympique, Rudisha l’a menée de A à Z. En finale de grand championnat, pas de lièvre pour battre les records. Sinon lui, qui s’est irrésistiblement envolé dans le second tour de la course et, finalement, a servi à ses adversaires qui se sont « accrochés » tant bien que mal à la foulée du Kényan. Tous les finalistes ont battu le record personnel ou, pour Andrew Osagie, dernier de la finale, leur temps de l’année. Nijel Amos, deuxième derrière le maitre (1’41 »73), est même devenu le troisième homme le plus rapide de l’histoire, à égalité avec… Sebastian Coe qui, en grand connaisseur, a jugé que l’exploit de David Rudisha était le « summum » de ces Jeux Olympiques. Et la preuve qu’il n’y a pas que Bolt dans la vie, Rudisha aussi. Le pire dans tout ça ? Rudisha n’a que 23 ans. Rendez-vous à Rio de Janeiro dans quatre ans.

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7. SERENA WILLIAMS (Tennis – Etats-Unis – 2 médailles d’or)

Ce que Serena veut… Si certains ont encore des doutes sur la motivation des joueurs et des joueuses de tennis en matière d’Olympisme, cette édition 2012 a tout fait pour convaincre les sceptiques. En débarquant à Londres dans la foulée de son titre à Wimbledon, Serena Williams avait été claire: les Jeux constituaient un objectif majeur de la saison pour elle. Mieux, elle avait annoncé sa razzia. Elle voulait tout, le simple et le double avec sa sœur. Et ce que Serena dit… Elle repart donc de Londres avec deux médailles d’or, comme elle l’avait promis. Mine de rien, là voilà bien installée dans le gotha olympique avec quatre titres au compteur. En double, avec sa sœur Venus, elle a décroché son troisième sacre consécutif après ceux de Sydney et de Pékin. Trois titres, même à deux, ce n’est pas si commun.

Mais c’est évidemment son triomphe en simple qui donne à ses Jeux toute sa dimension. En 2008, à Pékin, Serena Williams avait disparu en quarts de finale. « Mais là, à Wimbledon, je savais que j’avais une chance unique, je ne pouvais pas la laisser passer », expliquera-t-elle. Wimbledon, c’est son jardin. En pleine confiance, Serena n’a pas perdu un seul set et ses deux derniers matches ont viré au carnage pour ses adversaires: 6-1, 6-2 contre Azarenka en demi-finale et surtout 6-0, 6-1 en finale face à Maria Sharapova. Quatre jeux perdus en quatre sets face aux deux premières du classement WTA. C’est peu dire que la cadette des Williams y a mis la manière. Elle a même trouvé le moyen de provoquer une grosse polémique aux Etats-Unis à cause de sa petite danse de célébration, le « Crip Walk », qui doit son nom et son origine à un gang de Los Angeles dans les années 70. « C’est tout simplement moi, Serena. J’aime danser », s’est-elle défendue. Ce que Serena veut…

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8. BEN AINSLIE (Voile – Grande-Bretagne – 1 médaille d’or)

Pour Jacques Rogge, le président du CIO, il est l’homme de ces Jeux. « C’est toujours très difficile de comparer les médailles d’or. Mais si je devais comparer, je dirais que Ben Ainslie est celui qui sort du lot », a confié le Docteur Rogge. Le patron belge du Mouvement Olympique n’est sans doute pas tout à fait objectif puisqu’il a lui-même participé aux épreuves de voile par trois fois, entre 1968 et 1976. Solidarité entre marins, probablement. Reste que Ben Ainslie est effectivement un des athlètes ayant marqué de son empreinte cette édition 2012. L’Anglais est passé via ces Jeux de Londres du statut de grand champion à celui de légende de son sport. Sacré en Finn le 5 août, Ainslie a obtenu sa quatrième médaille d’or (une en Laser, trois en Finn) et rejoint le légendaire Danois Pol Elvstrom, qui avait lui gagné quatre médailles d’or en voile entre 1948 et 1960.

En 1996, pour ses premiers Jeux, il avait ramené de l’argent en laser. Pas mal, à 19 ans. Sauf que Ben Ainslie, lui, avait vécu cela comme un traumatisme. La deuxième place n’est pas dans ses gênes. A Sydney, Athènes, Pékin et donc Londres, il n’aura rien d’autre que l’or. Compétiteur hors normes, il a assouvi sa soif de victoires au point de devenir un des plus grands marins de l’histoire olympique. Il a pourtant failli ne jamais voir ces J.O. de Londres. Lors des Mondiaux de Perth, l’an dernier, Ainslie avait craqué dans la dernière régate: s’estimant gêné par un bateau média, il avait sauté à l’eau avant de monter sur le bateau en question pour secouer un cameraman. En théorie, Ainslie aurait dû être suspendu deux ans. Il avait été simplement déclassé, mais avait réussi à éviter toute suspension. A quoi ça tient, la légende…

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9. WU MINXIA (Chine – Plongeon – 2 médailles d’or)

Des 38 médailles d’or glanées par la Chine dans ces Jeux de Londres, les deux obtenues par Wu Minxia ne sont pas les moins notables. Pour la troisième fois consécutive, elle a été sacrée en plongeon synchronisé 3 mètres (avec Guo Jingjin en 2004 et 2008 et avec He Zi cette fois). Du jamais vu dans cette discipline. La native de Shanghai a aussi et surtout décroché pour la première fois l’or en individuel sur le tremplin de 3 mètres. Elle avait obtenu l’argent à Athènes et le bronze à Pékin. Avec ce doublé, Wu Minxia rejoint Guo Jingjin dans la légende olympique. Elle est la plongeuse la plus médaillée de l’histoire des Jeux avec six médailles, dont quatre en or. Au passage, elle a pulvérisé le record olympique de Guo Jingjing au tremplin 3M, avec un score de 414. A 26 ans, Wu Minxia a annoncé son intention de se retirer. C’est ce qui s’appelle partir au sommet.

Peut-être se rapprochera-t-elle alors des siens, dont elle est éloignée depuis si longtemps. Elle a quitté sa famille il y a dix ans pour rejoindre un camp d’entrainement. Tout au long de ces années, ses parents lui ont caché les drames qui touchaient la famille, comme le cancer du sein dont a souffert sa mère pendant des années ou le décès de sa grand-mère l’an passé. « C’était essentiel de conserver ce mensonge intact. Nous ne lui disions jamais ce qui se passe à la maison. Elle nous appelait pour savoir si tout allait bien. Nous devions mentir. J’ai serré les dents et j’ai dit qu’il n’y avait aucun problème », a raconté son père dans un entretien accordé à un grand quotidien de Shanghai au lendemain du deuxième sacre de sa fille. Une histoire à peine croyable.

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10. EVGENIYA KANAEVA (Gymnastique rythmique – Russie – 1 médaille d’or)

Evgeniya Kanaeva aurait pu être la reine des Jeux. Si le programme olympique ne cantonnait pas la GRS au seul concours individuel, il est probable que la Russe aurait effectué une véritable razzia. Lors des Mondiaux de Montpellier, en 2011, elle avait réussi le Grand Chelem avec six titres (général, par équipes, et les quatre engins au programme lors de cette édition). Au total, sur les trois Championnats du monde qui ont séparé Pékin de Londres, elle a décroché au total pas moins de 16 médailles d’or! C’est dire si elle faisait figure de grandissime favorite en arrivant à Londres, où elle venait pour un deuxième titre olympique après celui conquis à 18 ans à Pékin. Mission accomplie pour Kanaeva, qui a survolé la finale, devançant de 2,5 points sa compatriote Daria Dmitrieva.

Kanaeva a obtenu au cours de cette finale la meilleure note au ballon, au cerceau et aux massues, La Sibérienne devant se contenter de la deuxième place au ruban. Au regard de sa suprématie sans faille au cours de la dernière Olympiade comme des résultats de cette finale, on peut donc penser qu’elle aurait probablement remporté quatre, voire cinq médailles d’or à Londres. Mais, même avec son unique titre, elle s’impose comme un personnage incontournable des Jeux. Peu de champions ont dominé leur discipline comme elles ces quatre dernières années. Le degré de difficulté de ses passages est tellement supérieur à celui de toutes les autres que, même quand elle commet une erreur inattendue, personne ne peut l’atteindre. « Il y a elle et les autres, dont moi, elle est à part », a expliqué sa dauphine Daria Dmitrieva.

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11. MO FARAH (Athlétisme – Grande-Bretagne – 2 médailles d’or)

Jusque-là, Mo Farah n’avait jamais disputé une finale de Jeux Olympiques. A Londres, le Britannique est pourtant entré dans l’histoire en devenant le sixième athlète à réaliser le doublé 5000m-10 000m. Et avec la manière. Sur le 10 000, il a mis fin à l’hégémonie de Kenenisa Bekele et remis l’Europe sur la carte pour la première fois depuis 1984. Sur le 5000m, il a résisté aux assauts alors qu’il semblait mal embarqué. Son grand exploit sur cette course? Avoir bouclé le dernier tour intégralement en tête. On le croyait parti de trop loin mais, porté par tout un stade, il a tenu bon. Même Usain Bolt lui a rendu hommage avec le fameux signe « M » de Mo, à son arrivée sur le relais.

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12. ALLYSON FELIX (Athlétisme – Etats-Unis – 3 médailles d’or)

Allyson Felix devait commencer à trouver le temps long. A Londres, l’Américaine de 27 ans a enfin décroché son premier titre olympique individuel sur le 200m devenant ainsi la première athlète de son pays depuis Gwen Torrence en 1992 à s’imposer sur le demi-tour de piste. Une médaille d’or à laquelle sont venues s’ajouter deux autres sur les relais 4×100 mètres (en battant le record du monde détenu depuis… 1985 par la R.D.A. !) et celui sur 4x400m. « Chicken Legs », comme on la surnomme, est la seule avec Usain Bolt à avoir glané trois titres sur le tartan londonien.

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13. ANDY MURRAY (Tennis – Grande-Bretagne – 2 médailles, 1 en or)

Il avait quitté Wimbledon en larmes, trois semaines plus tôt, après sa défaite en finale face à Roger Federer. Au même endroit, face au même adversaire, Andy Murray a vécu lors de la finale du simple messieurs des Jeux le plus grand moment de sa carrière. Une victoire, et quelle victoire! Mettre trois petits sets à Federer sur le central de Wimbledon, ça n’arrive pas souvent. Egalement médaillé d’argent en double mixte, Murray a pleinement répondu aux attentes et même sans doute au-delà à travers son chef d’oeuvre en finale.

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14. SUN YANG (Natation – Chine – 4 médailles, 2 en or)

Le phénomène de la natation chinoise s’était révélé à Shanghai l’an dernier lors des Mondiaux, battant notamment le légendaire record du 1500m de Kieren Perkins. Il a plus que confirmé à Londres, avec une palette exceptionnelle: sacrée sur 1500m (avec un nouveau record du monde) et sur 400, ce fondeur des bassins s’est également offert le bronze sur 200m et sur le relais 4x200m. Chez les hommes, Sun Yang est le seul, avec Phelps, à avoir remporté plus d’un titre en individuel. Un peu à l’image d’Agnel, le jeune Chinois (20 ans) peut dominer la natation dans les années à venir.

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15. LEBRON JAMES (Basket – Etats-Unis – 1 médaille d’or)

« C’est l’équipe de Kobe », a répété à l’envi la star du Heat. Il l’a joué humblement. Sur le parquet, il a aussi laissé à Kevin Durant le statut de meilleur scoreur US. Il n’empêche : l’Elu a été le leader de son équipe. Des deux côtés du parquet, il a été omniprésent comme en témoigne son triple double face à l’Australie, le premier d’un Américain aux JO. Surtout, James a assumé son statut quand il fallait à l’image du match face à la Lituanie. Il termine ses Jeux avec 13.2 points, 5.6 rebonds et 5.6 passes. Et l’or autour du cou pour faire de 2012 une année inoubliable.

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16. ALISON SCHMITT (Natation – Etats-Unis – 5 médailles, dont 3 en or)

Sans Missy Franklin, Alison Schmitt serait repartie de Londres avec le titre de « Reine des Jeux ». Mais cinq médailles dont trois en or, ce n’était pas suffisant cette fois. Pourtant, la Pennsylvanienne a, elle, réussi un sans faute, rapportant une médaille dans les cinq disciplines dans lesquelles elle était engagée. Elle a démarré crescendo par le bronze au relais 4x100m libre, puis l’argent sur le 400m libre face à Camille Muffat avant de prendre sa revanche sur 200m libre pour son premier titre olympique. Et elle ne s’arrêtera pas en si bon chemin. Schmitt s’adjuge l’or sur 4x100m quatre nages et 4x200m libre.

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17. RYAN LOCHTE (Natation – Etats-Unis – 5 médailles dont 2 d’or)

Comme à Pékin, Ryan Lochte a été « éclipsé » par les titres et les records de Michael Phelps. Le nageur de Rochester est pourtant reparti de Londres avec cinq médailles. Deux en or (400 m 4 nages donc et relais 4x200m nage libre), deux en argent (200m 4 nages et relais 4x100m nage libre) et une en bronze (200m dos). C’est une de plus qu’en 2008 mais c’est toujours dans l’ombre de l’athlète le plus médaillé de tous les temps. Lui qui ne venait pas « uniquement » pour le battre ne l’a finalement dominé que sur une seule course (400m 4 nages).

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18. ELISA DI FRANCISCA (Escrime – Italie – 2 médailles, 2 en or)

L’Italie a survolé ces Jeux en escrime avec sept médailles (comme quoi, l’internationalisation de ce sport n’empêche pas toutes les nations traditionnelles de briller…). Et Elisa Di Francisca en a été l’incontestable reine. Seule double médaillée d’or à Londres, elle a enfin imposé son talent, à bientôt 30 ans, pour sortir définitivement de l’ombre imposante de Valentina Vezzali. Son titre mondial à Paris, en 2010, avait posé la première pierre. mais l’éclat de l’or olympique est incomparable. La star, désormais, c’est elle. Sacrée en individuel au fleuret, Di Francisca a ensuite conquis, aussi, le titre par équipes.

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19. YANNICK AGNEL (Natation – France – 3 médailles, 2 en or)

Le grand bonhomme de la délégation française. D’un point de vue comptable d’abord, avec ses trois médailles et ses deux titres, sur 200m et 4x100m nage libre. Puis il y a l’impression laissée par le Niçois. Dans l’eau, et en dehors de la piscine, où il a révélé au grand public une personnalité hors normes. Son dernier relais sur le 4×100 restera comme un des grands moments du sport français en 2012. Et à 20 ans, il n’est peut-être qu’au début d’une carrière déjà glorieuse.

20. GABRIELLE DOUGLAS (Gymnastique artistique – Etats-Unis – 2 médailles d’or)

Dans une gymnastique américaine de très haut niveau, on attendait la championne du monde Jordyn Wieber. Ce sera finalement Gabrielle Douglas, médaillée en or en individuel et par équipes. Elle permet ainsi aux Etats-Unis de conserver son hégémonie sur le titre olympique après Carly Patterson (2004) et Nastia Liukin (2008). Mais la native de Virginie devient surtout un symbole, celui de la première gymnaste noire sacrée en individuel, 16 ans après sa compatriote Dominique Dawes qui avait touché l’or par équipes. Soit quelques mois à peine après la naissance de Douglas.

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21. ZHANG JIKE (Tennis de table – Chine – 2 médailles d’or)

Les Chinois ont survolé ces Jeux en tennis de table, ne laissant que des miettes au reste du monde. Deux noms sortent du lot: Li Xiaoxia, victorieuse en simple dames et par équipes, et Zhang Jike, qui en a fait de même chez les messieurs. Numéro un mondial et champion du monde en titre, c’est peu dire qu’il était attendu comme la star de la discipline à Londres. Son calme impressionnant durant tout le tournoi n’a rendu que plus saisissant le contraste avec son exubérance après sa victoire. La cocotte-minute a explosé. Le talent aussi. Champion du monde, numéro un mondial et désormais champion olympique, il entre dans la légende de son sport.

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22. MICHAEL JUNG (Equitation – Allemagne – 2 médailles d’or)

Fêter ses trente ans lors des Jeux de la XXXe Olympiade par deux médailles d’or, c’est classe. C’est ce qu’a fait Michael Jung à Londres. Le roi du concours complet, c’est lui. Sacré par équipes avec l’Allemagne, il a également dominé le concours individuel. Champion du monde 2010, champion d’Europe 2011, et désormais champion olympique, il signe un triplé inédit. Archi-favori, il a tenu son rang d’un bout à l’autre. Et modeste avec ça: « Sam est un tel cheval qu’avec lui, tout est facile », a-t-il dit après ses deux sacres, rendant hommage à sa monture.

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23. THIERRY OMEYER (Handball -France – 1 médaille d’or)

Difficile de sortir une personnalité de ce collectif exemplaire. Mais c’est la logique de notre classement, alors on assume. Pourquoi Omeyer et pas un autre? Peut-être parce que le gardien de but est un cas à part. Une vraie individualité, de par la nature de son poste. Surtout, Omeyer a une fois encore montré sa capacité à se surpasser dans les très grands matches. Il n’est pas toujours impérial. Mais quand ça compte vraiment, le « vieux » cerbère n’a pas son pareil. La façon dont il a écœuré les Croates en demi-finale, c’est un des grands moments de ce tournoi, et de sa carrière.

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24. TEDDY RINER (Judo – France – 1 médaille d’or)

Y a-t-il un Français qui était plus attendu que Teddy Riner à Londres? Une médaille d’argent aurait été vécu, par lui comme par les autres, comme un colossal échec. C’est dire la pression qui pesait sur lui. Plus gestionnaire que spectaculaire (« je n’aurais pas besoin de briller », avait-il prévenu), il a malgré tout survolé son tournoi. Roi de la catégorie reine, Riner s’impose déjà, à 23 ans, comme un des plus grands judokas de l’histoire. Une star, une vraie. La preuve vivante qu’on peut avoir un énorme ego de champion sans pour autant être imbuvable.

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25. CHARLOTTE DUJARDIN (Equitation – Grande-Bretagne – 2 médailles d’or)

Un nom à consonance française mais une élégance toute britannique sur le cheval. Charlotte Dujardin, qui disputait ses premiers Jeux olympiques à 27 ans, s’est offert deux médailles d’or en dressage (par équipes et en individuel) avec à chaque fois un record olympique à la clé sur son cheval Valegro. Une petite surprise pour cette cavalière au parcours atypique qui n’avait jamais monté un cheval de dressage avant 22 ans et qui n’a disputé son premier Grand Prix que l’an dernier. L’avenir appartient à cette cavalière qui est aussi la plus jeune de l’équipe britannique.

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26. YE SHIWEN (Natation – Chine – 2 médailles d’or)

Elle a stupéfié le monde. Du haut de ses 16 ans, Ye Shiwen a survolé le 200 et le 400 mètres 4 nages avec une facilité déconcertante. Lors de cette seconde course, l’adolescente chinoise s’est même payé le luxe de signer un dernier 50 m plus rapide que celui de Ryan Lochte, sur la même distance, quelques minutes plus tôt (sur ces 100 derniers mètres, elle n’était que cinq centièmes plus lente que Lochte, 58″68 contre 58″63) ! Elle a nagé son 400… sept secondes plus vite qu’aux Mondiaux de Shanghai l’an dernier. On progresse vite à cet âge-là, mais l’admiration s’est teintée de doutes chez certains observateurs. En attendant, elle a incontestablement marqué ces Jeux.

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27. ALIYA MUSTAFINA (Gymnastique artistique – Russe – 4 médailles dont 1 d’or)

Elle aurait pu être la grande dame de ces Jeux. Mustafina repart néanmoins avec quatre médailles, mais seulement une en or. Aux Mondiaux 2010, la Russe avait époustouflé en glanant deux médailles d’or et autant d’argent. A Londres, elle reste l’athlète la plus titrée de la gymnastique et signe surtout un retour au premier plan après une blessure au genou qui l’avait handicapée l’an dernier. Elle a contribué à la médaille d’argent par équipes de la Russie avant de décrocher le bronze en individuel. Mais sa consécration, elle l’a enfin touchée aux barres asymétriques avant d’ajouter le bronze au sol.

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28. BRADLEY WIGGINS (Cyclisme – Grande-Bretagne – 1 médaille d’or)

Quel été pour Bradley Wiggins. Dans la foulée de son Tour de France triomphal, le Londonien, chez lui, a été un personnage central des J.O. D’abord en jouant les sonneurs de cloche lors de la cérémonie d’ouverture. Puis, surtout, en décrochant la médaille d’or lors du contre-la-montre, qu’il a tout simplement écrasé. La sixième (mais la première sur route) médaille olympique de celui dont on mesure mal, vu de France, à quel point il est devenu une star outre-Manche.

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29. TONY ESTANGUET (Canoe-Kayak – France – 1 médaille d’or)

Après son rendez-vous manqué avec l’histoire à Pékin, Tony Estanguet a remis les pendules à l’heure à Londres. Le céiste français l’avait annoncé : contrairement au plan d’eau chinois, celui de Lee Valley, il « le sentait bien ». Et le Palois a construit sereinement son troisième titre olympique, sans affolement, avant de tout donner en finale. Un parcours parfait pour devancer l’Allemand Sideris Tasiadis et son grand rival slovaque Michal Martikan. A 34 ans, Estanguet devient le premier sportif français à glaner une médaille d’or dans une même discipline, dans trois Jeux Olympiques différents (2000, 2004, 2012). Il entre dans la galaxie des triples champions olympiques.

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30. DMITRYI MUSERSKIY (Volleyball – Russie – 1 médaille d’or)

Entre le sacre des Experts en handball et la finale Etats-Unis/Espagne en basket, l’autre grande finale de sports de salle est passée un peu inaperçue dimanche. Vu de France, en tout cas. Pourtant, la victoire des Russes contre le Brésil, en cinq sets, au terme d’une finale d’anthologie, valait le détour. Le grand bonhomme, à tous les sens du terme, en aura été Dmitryi Muserskiy. En pointe, le géant (2.18m) a martyrisé les Brésiliens, en claquant 31 points au cours du match. A 23 ans, il s’annonce comme la nouvelle star du volley russe, enfin sacré au niveau olympique.

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