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La descente aux enfers se poursuit pour Facebook. Mardi 14 août, l’action du célèbre réseau social a encore plongé de 5,65 % à New York, tout près des 20 dollars. Bien loin, en tout cas, des 38 dollars de l’introduction en Bourse, le 18 mai 2012, qui devait marquer le point d’orgue de la « success story » pour son fondateur, Mark Zuckerberg. En trois mois, le cours a chuté de moitié. Et effacé plus de 40 milliards de dollars (32,4 milliards d’euros) de capitalisation…

Ce n’est sans doute pas fini. Les investisseurs anticipent en effet une nouvelle menace : un « déluge d’actions » pourrait prochainement s’abattre sur le groupe, selon l’expression d’un analyste. Explication : jeudi 16 août, se termine la première période de « lock-up » (blocage) de titres. Plusieurs actionnaires historiques de Facebook s’étaient engagés à conserver leurs actions depuis l’entrée en Bourse, pour éviter un afflux massif sur le marché, susceptible de faire chuter le cours. Ils auront désormais la possibilité de les vendre.

Parmi eux, des fonds d’investissement, partenaires de la première heure, mais aussi la banque d’affaires Goldman Sachs ou encore Sheryl Sandberg, la charismatique numéro deux du réseau social, et David Ebersman, son directeur financier – M. Zuckerberg n’est pas concerné. « Cela pourrait faire baisser encore davantage le cours », craint Michael Pachter, analyste chez Wedbush Equities.

« VENT CONTRAIRE »

Ce « déblocage » concerne 268 millions d’actions, une hausse de plus de la moitié par rapport aux titres en circulation (484 millions). Pis, le 14 novembre, quelque 1,2 milliard d’autres actions vont être débloquées, notamment celles attribuées aux salariés de Facebook. Au total, le nombre de titres pourrait être multiplié par cinq d’ici à mai 2013 !

Compte tenu du plongeon continu de l’action, il est toutefois peu probable que les actionnaires vendent en masse, soulignent les observateurs. « Mais ceux qui ont acquis des parts avant le projet de mise en Bourse peuvent réaliser des plus-values substantielles », souligne Leslie Griffe de Malval, gérant chez Fourpoints. Parmi eux, Peter Thiel, le fondateur de Paypal, dont la participation vaut aujourd’hui 550 millions de dollars. Ou encore le fonds de capital-risque Accel Partners, entré au capital en 2005, quand la société valait 100 millions de dollars – elle en pèse aujourd’hui plus de 49 milliards. A l’inverse, Microsoft, qui a investi en 2007, ne devrait pas se désengager d’un groupe devenu l’un de ses partenaires, selon Bloomberg.

Ce « vent contraire », comme l’appellent les analystes de Barclays, tombe d’autant plus mal que Facebook accumule les déboires. Depuis juin, cinq hauts dirigeants ont quitté le groupe. Parmi eux, le directeur du marketing pour mobiles. De quoi relancer les doutes sur l’avenir du site dans ce domaine, considéré comme son talon d’Achille.

« CROISSANCE DES RÉSULTATS BIEN PLUS LENTE »

Né en 2004, une époque où Internet se consultait uniquement derrière un écran d’ordinateur, Facebook peut-il survivre à la révolution des smartphones ? Ceux-ci modifient les usages, notamment pour les jeux en ligne, mais aussi la manière de faire de la publicité, qui représente 84 % des revenus du groupe.

Les résultats trimestriels, publiés en juillet, ont déçu. « Si la société a augmenté le nombre de ses utilisateurs et son chiffre d’affaires, la croissance de ses résultats est bien plus lente », résume M. Pachter.

Pour l’heure, la communauté financière reste partagée. La moitié des analystes recommande d’acheter l’action, les autres de la conserver ou de la vendre, selon Bloomberg. Certains investisseurs célèbres se sont laissés tenter : le milliardaire George Soros y a investi 10,6 millions de dollars. Et Facebook fait tout pour convaincre. Coïncidence heureuse, le groupe a fait état, mardi 14 août, du « dynamisme » des utilisateurs de ses jeux en ligne : ils seraient 235 millions. Un chiffre en hausse de 8,4 % depuis début 2012.

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